Qu'est-ce que c'est ?
Autofans est en Chine ! Nous sautons donc de notre machine volante au-dessus de Shanghai pour jeter un œil derrière la Muraille de Chine. Un coup d'œil que nous pouvons d'ailleurs porter en pure style Wally avec notre Chérie, car ce sont Omoda et Jaecoo, deux sous-marques du groupe automobile chinois Chery, qui nous offrent une visite guidée de leurs usines et installations d'essai lors du User Summit annuel.

Où est l'Europe ?
Dès que nous posons le pied à Shanghai, une chose saute aux yeux : la ville est dominée par des voitures chinoises. Des voitures modernes, qui plus est. La plupart des modèles sont flambant neufs et quand on croise un véhicule plus ancien, c'est… une Européenne. La popularité déclinante des marques automobiles européennes devient palpable dès les premiers kilomètres. Lors de nos premiers tours de roue en sol chinois, seuls Tesla – surtout avec l'incontournable Model Y – et Honda opposent une résistance « traditionnelle ».

Parmi ces marques chinoises, des noms connus : BYD, Zeekr et XPeng apparaissent souvent, tout comme l'incontournable Xiaomi qui débarquera bientôt en Europe. Mais aussi du « terrain inexploré » comme Roewe, Aito, Avatr et Li Auto (qui sera bientôt lancé dans plusieurs pays européens). Nous voyons aussi régulièrement passer les marques de Chery, notamment Luxeed, que nous rencontrerons plus tard dans la journée. Car d'abord, quelque chose nous brûle les lèvres : bien que la Chine remplisse ses porte-conteneurs à destination de l'Europe de SUV et de crossovers, on croise ici aussi pas mal de monospaces.
Ce Volvo EM90 présenté il y a quelques années ? Introuvable en Europe, mais à Shanghai il roule allègrement, tout comme son homologue de Zeekr ou les monospaces de XPeng et même Leapmotor. Même s'ils servent quasi exclusivement de taxi. « En Chine, il existe en effet une offre adaptée pour le marché professionnel et particulier », nous explique-t-on. « Une voiture utilisée comme taxi perd de la valeur résiduelle en Chine à cause de l'image. » Eh bien, chers Chinois, ça ne nous dérange absolument pas, alors chargez quelques monospaces sur le bateau la prochaine fois !
Pourquoi pas l'Europe ?
La question que vous et les marques européennes vous posez, c'est évidemment pourquoi les marques locales connaissent une telle croissance en Chine. Selon les Chinois à qui nous parlons, ce n'est ni la qualité ni le prix. Tout tourne autour de la connectivité : le client chinois voit sa voiture comme une extension de sa vie numérique, et les nombreux acteurs chinois du marché sont bien plus avancés à ce niveau que les marques européennes. Parler à un assistant intelligent ? Demander à votre voiture de préparer une commande chez Starbucks ? Voilà ce que les Chinois trouvent le plus important dans leur auto.

« Quand quelqu'un arrive en Audi, on lui lance en riant : 'Tu es venu avec la voiture de ta mère ?' » Le message est on ne peut plus clair. Non pas parce que c'est une mauvaise voiture, mais parce que l'image premium compte moins ici qu'en Europe. Par ailleurs, la conduite autonome est aussi un cran plus avancée ici, en témoignent les nombreuses voitures arborant un petit voyant bleu : le signal aux autres usagers de la route que le conducteur – peut-on encore l'appeler ainsi ? – a lâché le volant. Ce ne sera pas notre dernière expérience avec cette technologie, mais nous y reviendrons.
Youhou, direction Wuhu
Car notre voyage file comme un train. Littéralement. Moins d'une heure plus tard, nous voilà dans le train à grande vitesse vers Wuhu, la ville où Chery a planté ses tentes. Ou disons carrément un campement entier. Le groupe automobile a démarré ici il y a près de trente ans, domine désormais le paysage urbain et s'étend année après année avec de nouvelles usines, bureaux et autres bâtiments. Dans les rues aussi, on croise pas mal de modèles du groupe : des anciennes, des récentes et les prototypes qui vont avec. Car la recherche, les Chinois la portent haut. Cette année, le groupe Chery investit quelque 890 millions d'euros en R&D, ce qui donne lieu aux projets les plus fous, dont nous vous parlerons plus tard.

Mais d'abord, place au repérage automobile. Une dizaine de marques du groupe Chery organisent un petit salon auto pour nous accueillir à Wuhu. Omoda et Jaecoo, déjà actifs chez nous, présentent la nouvelle Omoda 4 (et plus tard dans la soirée, devant un public restreint, l'Omoda X), mais aussi Chery en personne, actuellement en pleine phase de lancement dans notre pays, qui parade fièrement en tant que marque éponyme du groupe. En Chine, on attend beaucoup de la Chery Q, qui affrontera en Europe la Volkswagen ID. Polo, la Cupra Raval, la Renault 5 E-Tech et consorts.

Une autre marque qui fera la traversée, c'est Exeed, même si elle le fera sous le nom d'Exlantix. Le nom d'origine n'est en effet pas autorisé en raison de sa ressemblance avec la Kia XCeed. Comment les Chinois ont réussi à trouver un nom encore plus difficile à prononcer reste un mystère pour nous.
Fruits exotiques
L'œil de votre serviteur est toutefois immédiatement attiré par des voitures que nous ne verrons pas encore en Europe. Et plus précisément un certain type de ces fruits exotiques. Là où notre collègue Joram a un faible pour les voitures qui se vendent à peine, votre serviteur tente de compenser sa carrière de footballeur ratée en cherchant le modèle qui pourrait bientôt dominer le parking de votre club de première division local.

iCar a peut-être quelques candidats. Chez Apple, on ne sera sans doute pas ravi du nom de ce constructeur, mais Kevin De Bruyne et ses comparses rêveront assurément devant les airs de Defender de la V27. Le slogan 'Classic Never Fades' est un clin d'œil audacieux à l'origine de ce design, apparu pour la première fois à des milliers de kilomètres de Wuhu.

Côté reconnaissance, la Freelander fait peut-être encore plus fort. La voiture n'a en effet pas seulement un design qui rappelle quelque chose… mais aussi un nom. Land Rover ne construit plus la Freelander depuis des années, mais Chery – qui a une joint venture avec JLR en Chine – perpétue joyeusement le nom en tant que marque à part entière, comme vous avez déjà pu le lire chez nous.
Ferrari chinoise
Mais nous restons surtout plantés devant notre dernier candidat au prix du footballeur : la Luxeed Stormax. Luxeed est une collaboration entre Chery et Huawei, et cette Stormax est régulièrement surnommée la Ferrari Purosangue chinoise. Sauf que la Luxeed Stormax ne cache pas de V12 sous son long capot, mais des muscles électriques grâce à un moteur électrique de 586 ch.

Enfin, il y a Lepas. La marque est déjà active sur plusieurs marchés en Europe et en Afrique du Nord. Elle affiche un design plus lissé par rapport aux Omoda et Jaecoo, plus anguleux, et vise également le marché international. En Italie et en Espagne, cette Lepas L4 est par exemple commercialisée entre 25 et 30.000 euros.
Aimeriez-vous voir cette Lepas débarquer en Belgique, ou préférez-vous une autre marque chinoise sur nos routes ? Dites-le-nous dans les commentaires !

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par Yves Wouters
par Mika Tuyaerts
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