L'industrie automobile allemande est dans le creux de la vague, victime d'un cocktail parfait de circonstances. Le Volkswagen Group en est l'exemple le plus visible, mais Mercedes aussi se retrouve dans l'embarras en coulisses. C'est ce qui ressort une fois de plus des récentes déclarations de Michael Schiebe, le responsable de la production chez la marque à l'étoile.
Réunion conviviale à Sindelfingen
Cette semaine, le chef de la production Mercedes Michael Schiebe est allé rendre visite aux employés de l'usine de Sindelfingen, à deux pas de Stuttgart. Pas question de soupe gratuite ou d'une nouvelle cantine : le message avait une sacrée mise en garde. L'"objectif clair" de Mercedes, selon Schiebe, est de conserver tous les sites allemands. Mais si cela s'avère impossible, l'entreprise fermera une usine d'assemblage et une usine de moteurs en Allemagne.

Que veut Mercedes exactement ? De nouvelles mesures de réduction des coûts, à négocier avec le syndicat IG Metall, qui représente des milliers de travailleurs. Par ailleurs, Mercedes évoque des "conditions-cadres qui augmentent la productivité en Allemagne". En clair, Mercedes veut que le gouvernement allemand mette la main à la poche pour réduire les coûts de production automobile dans le pays.
Les syndicats ne décolèrent pas
IG Metall a très mal digéré le message. Selon le syndicat, brandir la menace de fermetures d'usines n'est pas une manière de construire l'avenir. Quiconque profère de telles menaces peut s'attendre à une "résistance déterminée". Et si la direction pense mettre les employés sous pression avec un ultimatum du type "concessions ou fermeture", la réponse est brève et sans appel : "nicht mit uns".

Quelles usines figurent sur la liste ? Ce n'est pas encore clair. Ce qui ne fait qu'augmenter la tension, car Mercedes compte sept usines de moteurs et trois sites d'assemblage en Allemagne. Un coup d'œil au bilan explique pourquoi on transpire au siège de Mercedes. Au deuxième trimestre de cette année, les ventes de Mercedes en Chine ont chuté de 30 procent. Pour attiser le feu, les États-Unis ont dégainé leurs droits de douane. Rien qu'en 2025, ceux-ci ont coûté à Mercedes plus de 1,1 miljard dollar. Les Allemands encaissent aussi de sérieux coups venus de l'est. Des marques chinoises comme BYD, XPENG, MG et Omodo/ Jaecoo avancent avec des voitures souvent nettement moins chères que ce que Mercedes et ses concurrents européens proposent.
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