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Le conflit au Moyen-Orient met-il aussi les marques de luxe à genoux ?

Depuis le Covid, le monde automobile est en mode survie – sauf tout en haut de la chaîne alimentaire. Ferrari, Lamborghini et compagnie ? Ils continuaient à encaisser tranquillement. Mais même là, la fête commence à s'essouffler. Le conflit au Moyen-Orient vient jouer les trouble-fêtes et, à Dubaï, les ventes de voitures dégringolent allègrement.

Volkswagen, Toyota, Hyundai… Si tu n'avais pas de passeport chinois ces dernières années en tant que constructeur, la croissance relevait du parcours du combattant. Sauf si tu visais le sommet absolu du marché. Pendant que la majorité des marques passait en mode panique et dégainait des termes marketing pour maquiller des ventes en baisse, les acteurs décadents – pense à Ferrari, Lamborghini et Rolls-Royce – continuaient de noter bénéfices et croissance sans sourciller. Mais ce tonneau-là aussi semble se vider petit à petit, et c'est le conflit au Moyen-Orient qu'il faut remercier.

Dubaï tousse

Les constructeurs ont beau faire comme si tu étais au centre de leurs préoccupations, dans les faits, ils suivent surtout l'argent. Il est en Europe ? Ils débarquent en masse de ce côté-ci. Il est en Chine ? Le focus bascule aussitôt vers l'est. Le capital se trouve chez les ultrariches du Moyen-Orient ? Ils sont sur place, au garde-à-vous. Sauf que l'Europe, la Chine et le Moyen-Orient sont aujourd'hui tous les trois en phase d'attente. Partout, les clients observent depuis la ligne de touche.

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Et ça, c'est un problème. Dubaï – pas un pays, mais bien une mine d'or pour les marques de luxe – était depuis des années l'un des endroits les plus rentables au monde pour les constructeurs exclusifs et les préparateurs. Aujourd'hui, ce tableau semble basculer. Les résidents fortunés repartent vers l'Europe et gardent la main sur le portefeuille au lieu de la poser sur le bon de commande d'une nouvelle supercar.

Une ville fantôme de supercars en devenir

Un concessionnaire de voitures exotiques à Dubaï résume la situation auprès de Reuters : "le chiffre d'affaires est en baisse d'environ 30 %, et l'activité restante tourne surtout autour de l'évacuation de voitures hors de prix hors de la région, par avion." À court terme, ça rapporte encore. Mais une fois que les voitures à plusieurs millions auront disparu et que les nouvelles commandes se feront attendre, Dubaï risque de devenir un endroit pour le moins étrange : une ville où les supercars ont disparu.

Les gens dans la région ont actuellement d'autres préoccupations que l'achat d'une nouvelle Bentley.

Ferrari et Maserati ont temporairement suspendu leurs livraisons et le CEO de Lamborghini, Stephan Winkelmann, reconnaît lui aussi qu'aucun marché n'est assez grand pour compenser la demande faiblissante en Chine, aux États-Unis, en Europe et au Moyen-Orient. Le patron de Bentley, Frank-Steffen Walliser, est tout aussi clair : les gens dans la région ont actuellement d'autres priorités qu'une nouvelle Bentley. Ce ne sont plus seulement les marques généralistes qui sont dos au mur. Même le segment hyperpremium commence à sentir la chaleur.

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