Porsche traverse une crise de la quarantaine en bonne et due forme. Et le constructeur n'y réagit pas en s'achetant un Boxster rouge, mais en taillant sévèrement dans ses effectifs. Après avoir annoncé la suppression de 3.900 postes, la marque allemande confirme officiellement que 5.000 emplois supplémentaires disparaîtront d'ici 2035. Pas de licenciements secs, mais par "attrition naturelle, effets démographiques, élargissement du programme de départ anticipé à la retraite et amélioration des conditions de départ volontaire".
Que se passe-t-il chez Porsche ?
Petit état des lieux. En 2023, Porsche vendait encore un nombre record de 320.221 voitures. L'an dernier, ce chiffre avait chuté à 279.449. Et 2026 ? Ce sera probablement encore pire : au premier semestre, les ventes sont déjà en baisse de 15 pour cent par rapport à l'année précédente. Bref, la tendance n'est pas la bonne, et pas besoin d'une boule de cristal pour deviner que ça ne s'améliorera pas de sitôt. Merci le marché chinois, qui tourne le dos aux marques européennes.

Entretemps, la gamme se disloque sérieusement. Le Macan essence prend sa retraite ce mois-ci, et son remplaçant ne sera prêt au plus tôt qu'en 2028. Soit deux ans sans Macan à moteur thermique. Le 718 a d'ailleurs déjà tiré sa révérence en octobre dernier (sauf les GT4 et Spyder), et les Boxster et Cayman ne reviendront au plus tôt qu'en 2027 — cette fois en version électrique, avec toutefois aussi un retour de la version essence à leurs côtés. Bonne nouvelle pour les puristes parmi nous, même si on aurait préféré ce come-back hier plutôt que demain.
Pour remettre le navire à flot financièrement, Porsche change de cap. 3.900 licenciements avaient déjà été annoncés sous le règne de l'ancien CEO Oliver Blume. Désormais, sous l'œil vigilant de l'actuel CEO Michael Leiters, 5.000 postes supplémentaires s'ajoutent au compteur. Faites le total : environ 9.000 emplois passent à la trappe. Pour mettre les choses en perspective : Porsche comptait encore 42.615 employés en 2024, un chiffre déjà tombé à 41.780 l'année dernière. Et ce n'est pas fini : outre les suppressions d'emplois, des baisses de salaire sont aussi sur la table. En échange, le personnel restant bénéficierait d'une garantie d'emploi jusqu'en 2035. Une pilule amère, quand on sait que Porsche distribuait jadis généreusement des primes de fin d'année à tous ses employés…
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