Près de 2.000 km parcourus par le Nissan Qashqai e-Power sur un seul plein d'essence. Un exploit qui a valu au crossover un record du monde officiel. Chez Autofans, ce genre de nouvelle nous rappelle le slogan d'une certaine émission auto : « c'est si difficile que ça ? ». Il était grand temps de vérifier à quel point le Qashqai est sobre entre nos mains.
Canon de vente
Le Nissan Qashqai est évidemment un nom qui sonne. Considéré par certains comme le fondateur des crossovers, mais surtout un succès commercial absolu. Plus de quatre millions d'exemplaires vendus en Europe sur une période d'environ vingt ans. Dans un monde en pleine mutation, le Japonais reste autrement dit un roc.

Cela ne veut pas dire que le Qashqai a répété la même recette année après année – ses ingénieurs ne sont pas les scénaristes de FC De Kampioenen. Non, visuellement et mécaniquement, pas mal de choses ont changé au cours des deux dernières décennies. Une transformation en VE, comme pour la Micra, n'a pas (encore ?) eu lieu, mais le Qashqai est bel et bien devenu hybride.
E-Power
Encore que les Japonais procèdent selon un principe bien à eux. Pas de moteur thermique et électrique entraînant les roues ensemble ou en alternance, mais un principe EV-first. Le moteur à essence sert exclusivement à produire de l'électricité. Celle-ci est directement envoyée au moteur électrique pour entraîner les roues et – quand c'est nécessaire – recharger la batterie. Vous roulez donc en réalité en mode électrique, sauf que l'électricité ne vient pas d'une borne ou d'une prise, mais « de votre moteur thermique ».

Comme ce moteur thermique tourne quasi en permanence dans sa plage de régime la plus efficiente, la consommation serait un cran plus basse. Par ailleurs, pas besoin de boîte de vitesses complexe ni d'embrayage mécanique. Que des avantages, y compris côté consommation. Le WLTP annonce 4,5 l/100 km et une autonomie de 1.200 km. Mais ça, c'est la théorie. Qu'en est-il dans la pratique chez Autofans ?
Renouveau
La pratique, c'était notre classique semaine d'essai. Le petit trajet jusqu'au magasin, le pendulaire de Bruxelles à Anvers, les activités sociales et un week-end à la mer : le nouveau Qashqai a tout essayé. Le nouveau Qashqai, en effet. Pas de changement visuel, mais Nissan a sérieusement revu la chaîne de traction E-Power. Le Qashqai reçoit ainsi une toute nouvelle unité de propulsion modulaire 5-en-1, intégrant le moteur électrique, le générateur, l'onduleur, le réducteur et le pignon de transmission dans un module compact et plus léger. Chaque composant a été entièrement redessiné.

Le moteur thermique aussi a été profondément remanié. Le trois-cylindres turbo-essence de 1,5 litre présente sur papier de nombreuses similitudes avec la version sortante, mais il a été entièrement développé pour la chaîne de traction e‑POWER. Il hérite d'un turbo plus gros, lui permettant de tourner à un régime plus bas sur autoroute, et exploite le concept de combustion STARC propre à Nissan, qui porte le rendement thermique à 42 % grâce à une combustion plus stable dans les cylindres.
En pratique
Pas mal d'améliorations, donc, et votre serviteur les attendait avec impatience. La version précédente du Qashqai E-Power était déjà passée entre nos mains, et le crossover nippon n'avait pas vraiment brillé. La consommation se situait alors un poil au-dessus de celle des hybrides qui font référence dans ce segment, avec un chiffre dépassant les 6 l/100 km. Côté raffinement, la chaîne de traction n'était pas toujours irréprochable non plus. Sous forte charge, le moteur montait franchement dans les tours et se faisait clairement entendre dans l'habitacle.

En 2026, le Qashqai a gagné en raffinement. Les améliorations réduisent le bruit – Nissan parle d'environ 5,6 dB de moins par rapport au prédécesseur – et apportent plus de douceur. Conduire ce crossover, c'est vraiment comme rouler en VE : accélérations similaires, sensation de freinage quand vous activez la e-Pedal, le silence… Sur quasiment tous les plans, le Qashqai a fait un sérieux bond en avant.
Les chiffres
Sur la base de la pratique totalement scientifique de l'observation personnelle, nous remarquons surtout que le Qashqai excelle sur autoroute. Le moteur thermique ronronne alors tranquillement dans sa plage de régime idéale et pompe l'électricité nécessaire vers le moteur électrique. En ville, il ne semble pas le meilleur de la classe, mais le Japonais s'y débrouille tout de même très honorablement. Là où bon nombre d'hybrides ne maintiennent leur efficacité qu'à basse vitesse, le Qashqai étale la sienne sur un profil d'utilisation bien plus large.

Au final, nous bouclons notre semaine de test éclectique avec 5,1 l/100 km à l'ordinateur de bord. Un chiffre qui permet au Qashqai de s'inviter sans rougir à la table des hybrides. Non, ce n'est pas un record du monde de 2.000 km, mais le Japonais a marqué de sérieux points lors de notre romance de sept jours. Un hybride qui sait jouer ses atouts sur tous les terrains. Mieux encore, nos 5,1 l/100 km signifient que votre serviteur a roulé plus sobrement que les sérieux messieurs-dames de l'ADAC en blouse blanche et leurs stratégies parfaitement calibrées. Une belle victoire – même si c'est nous qui le disons – dont le fier certificat généré par ChatGPT trône sur l'étagère, aux côtés de la médaille de bronze du cross scolaire de Groot-Zaventem 2002. Take that, ADAC !
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