Essai

Premier essai : Mazda CX-6e – top model avec grain de beauté (2026)

Après la berline électrique 6e, Mazda lance le SUV électrique CX-6e dans nos contrées belges. Son ambition ? Offrir une oasis de calme dans un monde saturé de stimuli. Tient-il sa promesse sur la route ? Nous sommes allés vérifier en Allemagne.

Pros

  • Design et finition
  • Prix
  • Habitabilité

Cons

  • "Tout à l'écran" contradictoire
  • Aucune commande physique
  • Positionnement

 

Qu'est-ce que c'est ?

La Changan Deepal S07... plus connue chez nous sous le nom de Mazda CX-6e ! Car tout comme son frère berline, la 6e, ce SUV électrique a été co-développé avec le chinois Changan. Une fusion nippo-chinoise censée remettre Mazda sur les rails en Europe côté émissions de CO2. Ne commettez cependant pas l'erreur de penser qu'il s'agit d'un exercice imposé. Car il y a de l'amour là-dedans, mesdames et messieurs.

Attendez, je ne suis plus : Deepal ?!

Mazda n'en souffle évidemment pas un mot lors de la présentation, mais en effet : cette Mazda CX-6e est le fruit d'une joint venture entre Mazda et Changan. Le nom Changan ne vous dit peut-être rien, mais aux côtés de SAIC (qui possède entre autres MG), FAW et Dongfeng, la marque est systématiquement citée parmi les « quatre grands » constructeurs en Chine. C'est d'ailleurs le premier constructeur chinois indépendant à avoir produit plus de 30 millions de voitures.

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Mazda CX-6e test belgie info

Il y a quelques années, Mazda a trouvé en Changan un allié pour construire des voitures électriques. Changan les distribue sous la bannière Deepal, Mazda sous – évidemment – l'insigne Mazda. La Mazda6e était le premier enfant de cette collaboration. Place désormais à ce CX-6e.

Un sacré beau morceau !

On est bien d'accord. Si la Mazda6e est déjà loin d'être vilaine, ce CX-6e est tout simplement une œuvre d'art sur roues. Le design Kodo de Mazda a beau être sous pression (jusqu'où peut-on pousser la « simplification » génération après génération ?), les bases électriques ont permis aux designers de se lâcher à nouveau. Si ce CX-6e ressemble à un concept-car passé directement en production, c'est tout simplement parce que c'est le cas. Chaque angle de ce SUV de 4,85 mètres en impose.

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Mazda CX-6e test belgie info

Zoomez sur les détails et ça devient encore plus réjouissant. Regardez les feux diurnes minimalistes qui se drapent autour de la « calandre », le montant C détaché de la carrosserie qui fait office de canal d'air pour l'aérodynamisme (on se croirait chez Bugatti !), ou encore la longue lunette arrière sur laquelle l'essuie-glace semble un peu perdu (même si on ne va pas se plaindre d'avoir encore un essuie-glace en 2026). Bref : ce CX-6e respire le premium...et vous n'avez pas encore vu l'intérieur !

Sacré écran !

Mazda, la marque qui a prétendu pendant des années qu'une voiture devait être une expérience tactile avec des boutons physiques et des écrans modestes, semble avoir oublié ce mantra pour le CX-6e (ou a perdu le débat face aux Chinois). Au centre du tableau de bord trône en effet un écran de pas moins de 26 pouces qui part du volant et s'étire jusque dans l'espace personnel du passager. Complété par un affichage tête haute, la marque japonaise offre ainsi une expérience digitale dont certains constructeurs allemands pourraient être jaloux.

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Mazda CX-6e test belgie info

Ne vous y trompez pas cependant : la disparition des boutons physiques dans cette Mazda fait vraiment mal et n'apporte aucun gain en ergonomie. Régler vos modes de conduite ou le niveau de freinage régénératif ? Quelque part au fin fond des menus de l'écran. Ajuster la climatisation ? Via l'écran. Régler vos rétroviseurs ?... Via l'écran. Et même si l'interface est logiquement structurée, il y a des menus après des menus après des menus pour modifier quoi que ce soit. C'est le fléau de l'époque dans le secteur automobile. Mazda a longtemps gardé ses portes fermées, mais il semble que le mal se soit faufilé chez la marque japonaise aussi.

Ça ne sonne pas très bien, tout ça ?

Bah, c'est la tendance du moment, comme les pantalons oversize et les mullets. Tout comme ces choix stylistiques de mon fils et ma fille, le monde automobile reviendra aussi sur ses pas. Mais ne laissez pas cet écran plomber l'ambiance à bord. Car soyons honnêtes : la finition de ce CX-6e atteint un niveau stratosphérique. Plus élevé que ce qu'on voit actuellement chez beaucoup de marques allemandes. Du volant aux panneaux de porte, de la console centrale à la finition arrière. L'amour du détail se voit dans le résultat final.

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Mazda CX-6e test belgie info

Autre bonne nouvelle : grâce à sa base électrique, le CX-6e est tout simplement spacieux. Tant à l'avant qu'à l'arrière, les adultes sont confortablement installés. Le volume de coffre de 363 litres, assez modeste au premier regard, ne raconte qu'une partie de l'histoire. Il y a d'abord un frunk de 80 litres, et dans la réalité le coffre est bien plus grand. Comment ça ? Eh bien, Mazda calcule son volume uniquement jusqu'à la ligne de ceinture (comprenez : la tablette arrière). Quiconque a déjà pris la route vers le sud de la France sait qu'au-dessus de la tablette, on peut encore faire des miracles…

Peut-on vraiment arriver jusque dans le sud de la France ?

Avec une voiture construite sur la plateforme EPA1 de Deepal, équipée d'un moteur électrique de 258 ch et 290 Nm de couple sur l'essieu arrière, et d'une batterie de 77 kWh utiles. La recharge accepte jusqu'à 11 kW en AC et 200 kW en DC, et le CX-6e peut vous emmener jusqu'à 484 km. Pour vous donner une idée : c'est très comparable à ce que proposent un Volkswagen ID.4 ou un Skoda Enyaq quand vous optez pour la « grosse batterie ».

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Mazda CX-6e test belgie info

Le 0 à 100 km/h est expédié en 7,9 secondes (8,1 secondes si vous choisissez les jantes de 21 pouces) et Mazda tire le frein à 185 km/h. Le Vehicle-to-Load est disponible, à 3.3 kW AC. Pas de transmission intégrale ni de version Performance au programme. Chaque Mazda CX-6e a le même museau et le même cœur.

Comment roule la Mazda CX-6e ?

Dès les premiers kilomètres, il est clair que ce CX-6e partage ses gènes avec son frère berline, la 6e. On perçoit nettement un accent mis sur le confort (l'isolation phonique est d'un niveau remarquable) et une quête de bien-être pour les occupants. Avec la carrosserie de SUV, ce réglage prend encore plus de sens, parce qu'on ne ressent tout simplement pas le besoin de brusquer ce CX-6e dans les virages. Il s'en sort avec un certain panache – notamment parce que notre exemplaire d'essai était chaussé de Michelin Pilot Sports – mais on sent bien que ce n'est pas une MX-5 montée sur échasses.

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Mazda CX-6e test belgie info

Non, le CX-6e est une attaque frontale contre les SUV premium à motorisation électrique. Et honnêtement : il peut se ranger juste à côté en termes de comportement routier. L'amortissement, les suspensions, la direction et les réglages sont tout simplement au niveau européen. Du coup, ce CX-6e n'a pas un caractère dynamique très affirmé. Mais si vous cherchez une voiture taillée dans le marbre par Michel-Ange himself avec un comportement routier irréprochable ? Ne cherchez plus.

Faut-il vider son compte en banque pour ça ?

Disons-le ainsi : pour ce que vous recevez, ce CX-6e est ridiculement bien placé en prix. L'entrée se fait à 46 290 €, soit 2 400 € de plus que la Mazda6e. Et il ne faut pas forcément mettre plus, car de série vous avez déjà une pompe à chaleur, un toit panoramique, un système audio à 23 haut-parleurs, un affichage tête haute, un hayon électrique, des sièges chauffants et ventilés à l'avant… et on pourrait continuer encore longtemps.

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Mazda CX-6e test belgie info

Vous pouvez ajouter 3.000 euros pour la finition Takumi Plus, mais elle apporte surtout des rétroviseurs numériques. Cool sur papier, moins agréable à l'usage en pratique. Les couleurs de carrosserie autres que le blanc coûtent de 900 à 1 200 euros (selon la teinte) et si vous voulez le V2L pour alimenter votre friteuse sur place ? Comptez 120 euros. Un attelage est évidemment disponible et peut tracter jusqu'à 1,5 tonne.

Verdict

La Mazda6e figure déjà dans nos tablettes comme l'une des plus belles voitures du moment, et le CX-6e, son frère SUV, peut se garer à côté sans la moindre gêne. Sur le plan de la conduite, du groupe motopropulseur, de la consommation et de la finition, ce CX-6e ne rate aucune maille. Au point qu'un constructeur européen en demanderait facilement 20 000 € de plus. Le grain de beauté de 26" dans l'habitacle, il faut l'accepter. Mais dans un monde saturé de stimuli, c'est bel et bien une oasis visuelle de sérénité…

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Mazda CX-6e test belgie info

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