Pros
- Habitabilité
- Autonomie folle
- Équipement de série complet
Cons
- Conduite prudente
- Notoriété de la marque
- Hayon électrique à ouverture lente
Qu'est-ce que c'est ?
Qualifier Forthing de nouveau venu sur le marché belge, c'est prendre quelques libertés avec la vérité. La marque est active chez nous depuis 2023, mais soyons honnêtes : on ne la croise pas souvent. L'accélération est toutefois enclenchée, car d'ici l'an prochain, Forthing entend devenir une valeur sûre dans le paysage automobile. Ce Friday REEV veut convaincre grâce à ses 1.200 km d'autonomie et un prix bien affûté.
Le joyeux cortège de marques chinoises actives sur le marché belge se divise en deux camps. Car pour chaque BYD, MG ou Leapmotor que tout le monde connaît, il y a un Voyah, Firefly ou Forthing plus discret. Ce dernier veut désormais changer de camp en misant fortement sur un réseau de concessionnaires solide et une flopée de nouveaux modèles. Autre point non négligeable : l'importateur de la marque – OneAutomotive – dispose désormais d'une ligne directe avec la maison mère en Chine. Celle-ci vient d'annoncer deux nouveaux modèles (les TK5 et TK7) qui exploitent une technologie de pointe. Cela dit, pas besoin d'attendre, car le Friday REEV est déjà là. Le Fri-quoi ?!
Confort de conduite + Autonomie = REEV
Le Friday REEV de Forthing est un véhicule aux multiples facettes. Si vous êtes un lecteur fidèle d'Autofans, vous avez peut-être déjà croisé l'essai du Forthing EVO T5 (sinon : c'est par ici). Cette voiture a depuis évolué pour devenir le Friday, en s'équipant au passage d'une motorisation électrique ou partiellement électrique. Le Friday REEV appartient à cette seconde catégorie. « REEV » signifie « Range Extended Electric Vehicle ». Pas de panique, on vous explique tout en détail ci-dessous.

Demandez au gouvernement : ce Friday REEV est un plug-in hybride. Pourtant, cette classification n'est que partiellement exacte. À la base, ce Friday utilise un moteur électrique de 204 ch (340 Nm) sur l'essieu avant. Celui-ci puise son énergie dans une batterie de 31,9 kWh. De quoi parcourir environ 170 km. Pas extraordinaire, certes, mais voici la partie intéressante : le moteur essence 4-cylindres 1.5 litre à l'avant sert de générateur pour recharger la batterie. L'essence est donc convertie en électricité. Le résultat ? Une autonomie WLTP allant jusqu'à 1.200 km avec une batterie pleine et un réservoir plein. Pas mal du tout ! Cette technique n'est évidemment ni nouvelle ni exclusive à Forthing : Leapmotor et Jeep proposent aussi des « REEV », et Volkswagen déploiera bientôt les siens. Dans la pratique, c'est le scénario idéal pour ceux qui veulent le confort de conduite d'un VE avec l'autonomie d'un gros diesel.
SUV familial sage avec des détails costauds
Ce package techniquement intéressant, Forthing l'emballe dans la carrosserie la plus populaire d'Europe. Vous savez bien : le SUV du segment C. Avec ses 4,56 mètres de long et son empattement de 2,71 mètres, le Friday REEV nage en plein dans les eaux du Volkswagen Tiguan, Nissan Qashqai, Renault Austral, Ford Kuga et ainsi de suite. Visuellement aussi, Forthing ne cherche clairement pas à choquer. Le Friday est un SUV bien dessiné, mais un brin sage. La face avant est en grande partie fermée (étonnant, vu qu'un moteur thermique se cache tout de même à l'avant) et la signature lumineuse évoque deux griffes – quelqu'un a dit Peugeot ?

À l'arrière aussi, le design est plutôt passe-partout. Avec un bandeau lumineux continu et un bouclier sportif. On pourrait se montrer sévère, mais collez-y un badge MG, Opel ou BYD et vous y croiriez aussi. Le look général dégage tout de même une certaine sportivité. Dans les limites d'un SUV familial, bien sûr. Des éléments comme les feux LED tout autour et de jolies jantes de 19 pouces sont de série. Vous avez même droit à un logo Forthing sur le museau qui ressemble davantage à l'enfant illégitime de Porsche et Peugeot qu'à celui d'une obscure marque chinoise à petit budget.
De beaux détails (à quelques exceptions près)
Cette tendance se poursuit à l'intérieur, avec un mélange de très beaux détails et quelques choix déroutants. Les sièges sport d'une pièce pourraient tout droit sortir d'une Mercedes ou d'une Cupra, et l'imposante tablette au centre du tableau de bord ne déparerait pas dans une Tesla. Cependant, dès que vous commencez à palper et frotter, vous repérez ici et là des matériaux un peu durs. Une Volkswagen fait encore mieux… mais plus pour très longtemps.

La climatisation se commande toujours via un bloc dédié (comme il se doit) et l'écran d'infodivertissement fonctionne assez fluidement, mais il lui manque peut-être les fonctionnalités que vous trouvez chez les grosses allemandes. Cela dit, en contrepartie il y a un nombre généreux d'équipements de série (comme l'accès confort où le siège conducteur avance et recule automatiquement lors de la montée à bord) et l'espace à l'arrière, plus que suffisant pour des adultes. Ouvrez le hayon électrique le plus lent du monde, et vous accédez à un coffre de 480 litres. Largement assez pour vos déplacements. Mais avez-vous aussi envie de vous déplacer dans cette voiture ?
Un confort sans complexe
Écoutez, on sait que tout le monde ne rêve pas d'une auto avec le comportement routier d'une Alfa Romeo. La majorité des gens veut un véhicule pratique pour aller de A à B, et si possible avec un peu de confort. Ce Forthing Friday REEV répond parfaitement aux attentes de ce dernier groupe. Il est résolument calibré pour le confort et la suspension encaisse sans broncher les routes belges. Il faut toutefois accepter en contrepartie une direction assez légère. Du coup, la dynamique brille surtout par son absence. Ou presque…

Car comme dit plus haut, ce Forthing REEV repose entièrement sur son moteur électrique de 204 ch pour la propulsion. Celui-ci est monté sur l'essieu avant et gratifie le Friday d'une réponse vive et d'accélérations intermédiaires alertes (dans les limites légales). Si vous venez d'un diesel, d'une essence ou d'un plug-in classique, vous vous sentirez comme un poisson dans l'eau dans ce Friday REEV. À condition de garder en tête que c'est – et on le répète – un sage SUV familial.
Concurrence serrée
Combien faut-il débourser pour ce « sage SUV familial » ? Forthing demande au minimum 30.990 euros pour son Friday. Mais dans ce cas, vous avez la version équipée uniquement du 4-cylindres 1.5 litre essence de 177 ch. Un Friday entièrement électrique existe aussi : le Friday EV associe le même moteur électrique de 204 ch du REEV à une batterie plutôt généreuse de 85,9 kWh. De quoi parcourir jusqu'à 582 km, mais il faut alors compter 39.995 euros.

Le Friday REEV « plug-in » coûte 37.900 euros. Côté options – comme on l'a dit – il n'y en a pas, hormis la couleur de carrosserie, un crochet d'attelage (charge tractable max. 1.8 tonne) et des élargisseurs de voie pour donner un look un peu plus sportif. Pour vous donner une idée : le Leapmotor B10 REEV démarre aux alentours de 30.000 euros, tandis qu'un Volkswagen Tiguan de base vous coûte 33.000 euros. La concurrence est donc rude pour ce Forthing Friday REEV. C'est évidemment le risque quand on joue dans le segment le plus encombré d'Europe.
Verdict
Forthing est au début d'une expansion en Belgique, avec un soutien accru de la Chine, de nouveaux modèles et – peut-être le plus important – un réseau de concessionnaires plus étoffé. La gamme se compose actuellement de quelques modèles bien ciblés (avec l'U-Tour en tête) qui gagneraient à bénéficier d'une identité plus forte. Non pas parce que les produits sont médiocres, mais parce que la concurrence est gigantesque. Envie de passer 1.200 km à bord de ce Friday REEV ? On ne vous en voudra pas d'en faire plus, mais cette voiture, vous l'achetez surtout avec votre raison, pas avec vos émotions… et parce que vous avez un concessionnaire au coin de la rue.

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