Après les droits de douane sur les électriques, Bruxelles s’attaque aux hybrides chinois. Un accord conclu le 9 octobre plafonne les importations à 350 000 véhicules par an, contre 800 000 attendus en 2026. Un deal qui arrange tout le monde...
Après les surtaxes douanières imposées en 2024 sur les voitures 100 % électriques fabriquées en Chine, les constructeurs chinois ont fortement augmenté leurs livraisons d’hybrides rechargeables vers le Vieux Continent. Ces modèles, tout de même dotés de grandes autonomies électriques, étaient jusqu’ici exempts de toute mesure de rétorsion. La stratégie a fonctionné : les hybrides fabriqués en Chine représentent désormais un quart des ventes totales de ce segment en Europe, et les projections tablaient sur environ 800 000 véhicules hybrides chinois importés en 2026. Bruxelles a fini par prendre le dossier au sérieux.
350 000 : le quota qui referme la porte (à moitié)
Bruxelles et Pékin ont conclu un accord de principe le vendredi 9 octobre 2026 portant sur les motorisations hybrides, toutes technologies confondues : les importations depuis la Chine seront désormais plafonnées à 350 000 véhicules par an. Une hausse annuelle de 6 % est néanmoins prévue.

Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a indiqué que l’accord permettrait de réduire les importations de “plusieurs millions de voitures sur quatre ans”, tout en appelant à gérer “raisonnablement” les relations commerciales entre les deux blocs. Du côté de la Chine, on évoque la possibilité de maintenir un niveau d’exportation d’au moins 302 000 véhicules hybrides par an, ce qui laisse entrevoir une marge de négociation sur les modalités définitives.
Le deal parfait — ce qui devrait alerter
La Chine a salué le compromis, estimant qu’il permet d’”éviter une escalade” et constitue “un nouveau départ”. L’Europe, elle, se félicite de protéger son industrie et ses emplois. Cependant, quand les deux parties applaudissent, il faut chercher qui perd discrètement. En l’occurrence, ce sont les consommateurs européens qui espéraient que la concurrence chinoise ferait baisser les prix des hybrides.

Selon des analystes, l’accord devrait par ailleurs accélérer la décision des constructeurs chinois d’augmenter leur production en Europe — autrement dit, de contourner proprement ces nouveaux quotas en construisant des usines sur le sol européen. BYD fut l'un des premiers constructeurs chinois à assembler ses modèles en Europe (Hongrie), mais d'autres devraient suivre sous peu, vu ces nouvelles limitations. Plus récemment, Leapomotor a démarré la production de son SUV B10 à Saragosse, en Espagne.
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