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Pourquoi les Belges parlent d'un break (et comment le prononcer) ?

Aucun type de voiture ne porte autant de noms différents que le break. Les uns disent "stationwagon", les autres "estate", et de temps en temps quelqu'un parle même de "combi". Mais en Belgique, c'est « break » qui domine. Et la prononciation n'est pas forcément celle que vous imaginez.

Mettre les voitures dans des cases, on adore ça dans le monde automobile. L'une est un monospace, l'autre une berline, et la grande majorité sont désormais des crossovers. D'ailleurs, quand un constructeur sort un modèle qui ne rentre pas tout à fait dans les cases, c'est la confusion générale — regardez la Dacia Jogger ou la Polestar 4. En plus, on a souvent plusieurs noms pour désigner une même forme de carrosserie : une berline s'appelle aussi une sedan, un monospace un MPV… Mais aucune carrosserie ne cumule autant de noms différents que le break. 

Même les Néerlandais disent autre chose

Rien que chez nous, on compte déjà au moins quatre appellations : en plus de « break », on parle parfois de stationwagon, d'estate ou de combi. La préférence pour l'un ou l'autre nom dépend souvent de la langue, voire du pays. Juste de l'autre côté de la frontière néerlandaise, on utilise presque exclusivement « stationwagon », alors qu'on y parle la même langue qu'en Flandre. « Estate » est moins courant, et il en va de même pour « combi », un terme qui nous est surtout parvenu d'Allemagne et des pays scandinaves. 

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Test BMW i5 Touring 2024

L'origine de ce dernier mot n'est pas bien loin : une « combi » ou « kombi » est historiquement une voiture qui combine le confort d'une berline avec l'espace d'un utilitaire. Ce qui en fait aussi la seule dénomination trouvant son origine dans le secteur automobile, car tous les autres termes remontent à l'époque des voitures à chevaux. Un « stationwagon », par exemple, désignait la calèche utilisée pour transporter les gens de et vers la gare. « Estate », quant à lui, désignait une voiture à chevaux transportant plusieurs passagers à travers le domaine — the estate, en anglais. 

Pas (directement) de l'anglais

Mais pourquoi nous, Belges, parlons-nous de « break » ? Eh bien, l'indice se cache dans le fait qu'on parle ici des « Belges » et pas uniquement des « Flamands ». Contrairement à ce que l'orthographe laisse croire, ce mot n'a pas été emprunté à l'anglais mais bien au français. En français, un « break » désigne un type de voiture hippomobile utilisé principalement pour le sport, les loisirs ou le dressage des chevaux. Le français s'est d'ailleurs lui-même inspiré — de façon un brin déroutante — de l'anglais : le nom vient de « breaking in a horse », autrement dit : débourrer un cheval. 

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Volkswagen Passat GTI 2025

Pourtant, les Belges ne prononcent généralement pas « break » comme « briik » mais plutôt comme « brèk », justement parce que c'est ainsi qu'on le dit en français. Mieux encore : si vous traduisez « break » dans son sens classique de voiture hippomobile vers le néerlandais, le mot correct est bel et bien « brik ». Donc, si vous entendez un Belge — ou, disons, au hasard, un présentateur vidéo belge — appeler un stationwagon un « brèk », ne l'accusez pas d'une mauvaise prononciation. C'est même tout le contraire : selon cette logique, c'est prononcer « break » comme « briik » qui serait moins correct, car en anglais le terme « break » n'a plus jamais été utilisé pour les voitures, alors qu'en français, il l'est toujours. 

« Break » vs. « shooting brake »

Il y a toutefois une exception : le « shooting brake ». Pour cette variante à la ligne plus sportive, la partie « brake » se prononce bien « briik » et non « brèk ». La raison ? On a emprunté « shooting brake » directement à l'anglais. Pourquoi l'un s'écrit « break » et l'autre « brake », ça reste un mystère pour nous aussi. Mais la prononciation semble dépendre purement de la langue d'origine : « brèk » pour le « break » emprunté au français, et « briik » pour le « shooting brake » venu de l'anglais. 

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Mercedes-Benz CLA Shooting Brake

Certains constructeurs règlent d'ailleurs le problème de manière bien pratique : ils inventent un nom complètement nouveau pour distinguer leurs breaks. BMW utilise « Touring », Audi « Avant », Volkswagen « Variant » ou, dans le cas de l'ID.7, « Tourer » pour une raison qui nous échappe, Alfa Romeo « Sportswagon », Opel « Sportstourer »… Idéal si vous ne voulez pas être publiquement moqué pour votre prononciation du mot « break ». Imaginez un peu. 

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