Quelles sont les marques automobiles les plus influentes ayant jamais foulé notre planète ? Sans hésiter, on pense à Mercedes (qui a breveté la première « Motorwagen »), à Volvo (qui a placé la sécurité au cœur de l'industrie automobile) et à Volkswagen (qui a bâti le premier consortium automobile réunissant plusieurs marques). Il y a de fortes chances que ces marques ne soient plus qu'une petite note de bas de page dans l'histoire automobile d'ici cinquante ans. Comme Facel, NSU et Saab aujourd'hui. Et ce n'est pas la domination chinoise qu'il faut blâmer, mais… l'Europe.
L'arrogance n'explique pas tout
Ça me fait mal de le dire, mais l'industrie automobile européenne a perdu le nord. Depuis un moment déjà. Et soyons honnêtes : si leur arrogance – nous sommes meilleurs que le reste du monde – est en partie responsable, il faut aussi oser poser un regard critique sur l'Union européenne. Notre confort de vie nous a rendus aveugles face à LA question cruciale : comment rester pertinents dans un monde qui évolue à toute vitesse ?

Cette question, l'UE ne se l'est plus posée depuis des décennies. Parce que selon l'UE, nous étions tellement pertinents qu'il n'y avait même pas lieu de la poser. Un président à l'ouest (Trump) et deux présidents à l'est (Poutine et Xi Jinping) ont pulvérisé cette certitude. Car l'Europe, en 2026, pèse autant sur la scène mondiale que les légumes dans ton assiette de vol-au-vent : sympa en accompagnement, mais certainement pas le plat principal.
Tentative désespérée
Ce manque criant de leadership se reflète aussi douloureusement dans l'industrie automobile. Les marques européennes ont été prises en otage par une réglementation européenne musclée et ont perdu, au passage, leur avantage technologique sur la scène mondiale. Car ce ne sont pas les marques européennes qui lancent des voitures autonomes et d'autres technologies supérieures. Ce sont les marques chinoises (et quelques américaines). Les constructeurs européens ne semblent plus exceller que dans un domaine : tenter désespérément de construire la voiture la plus rapide sur le Nürburgring. Et même cette bataille, ils sont en train de la perdre.

OK, je suis peut-être un peu sévère. Mais soyons honnêtes : pendant que Tesla et XPENG construisent en masse des voitures autonomes et des robots humanoïdes (sous l'œil bienveillant des autorités locales), l'Europe oblige ses constructeurs à fabriquer des voitures conformes aux nouvelles règles M1E. En gros : des voitures de maximum 4,2 mètres de long, 100 % électriques, produites en Europe. Ce n'est pas une révolution technologique, ça. C'est une tentative désespérée de donner accès à la mobilité. Comme c'était le cas il n'y a pas si longtemps en Inde, en Russie et… en Chine.
À propos de l'auteur : Depuis bientôt deux décennies, Yves Wouters prête sa plume et son visage à Autofans. Il a suivi l'évolution du 2.0 TDI au VE pur sang depuis le premier rang et a rédigé cette description lui-même à la troisième personne.
- L'image illustrant cet article a été générée par une IA (américaine)
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