MG a traversé — soyons honnêtes — des temps agités. Le début du 21e siècle fut particulièrement difficile pour la marque. En 2005, MG fait faillite, tombe dans l'escarcelle du chinois Nanjing Automobile, puis est refilée comme un ballon de foot au groupe non moins chinois SAIC un an plus tard. On aurait pu croire qu'il en était fini de la marque britannique. Cependant, depuis, MG est remonté du gouffre : d'abord sur le marché chinois (et britannique), puis de nouveau en Europe à partir de 2021. Le tout avec des chiffres dont elle peut être fière : la croissance est exponentielle, et l'an dernier, les ventes en Europe ont encore grimpé de 30%.
Capitaliser sur le passé pour récolter aujourd'hui
Si MG s'est imposé aussi vite en Europe, c'est évidemment en grande partie grâce à l'héritage britannique de la marque. Même si les voitures des dernières décennies n'avaient visuellement plus grand-chose des Morris Garage d'origine, tout le monde connaît encore le nom MG — contrairement à des marques comme Geely, Zeekr, BYD, Leapmotor, etc. Mais on ne peut pas éternellement vivre sur ses lauriers. D'où un plan interne pour dessiner la suite de l'aventure MG.

Le plan : construire des voitures pour toutes les couches de la population, sans sacrifier l'innovation technologique, quel que soit le segment. Entre-temps, le département marketing a reformulé tout ça en : « MG est un maverick », un franc-tireur. Une marque qui veut être unique, mais pour le plus grand nombre. Le Mazda de la Chine, en quelque sorte.
« La tech satisfait les clients, le design vend les voitures »
La technologie, c'est une chose. Sans design, on ne vend pas de voitures. Soyons francs : la gamme MG de ces dernières années était un buffet d'idées. Car pour chaque Cyberster ou MG4 au caractère affirmé, la marque alignait aussi une MG3 ou un ZS plus génériques. Mais depuis 2024, c'est Jozef Kaban qui tient les rênes du département design. L'homme a dessiné — ou co-dessiné — des voitures dont vous avez peut-être déjà entendu parler. La Skoda Superb, la première génération de l'Audi A5, la Rolls-Royce Phantom et la Bugatti Veyron, pour n'en citer que quelques-unes.

Kaban a fait un passage éclair aux MG Tech Days et, lors d'une discussion avec Autofans, sa passion pour la marque MG crevait les yeux. La confiance et la liberté que lui accordent les Chinois pour concevoir de nouveaux modèles, il ne les avait jamais connues auparavant. Ou comme il le décrit lui-même : « Il y a quelques années, j'ai senti les mouvements en Chine, et j'ai immédiatement saisi l'occasion de travailler pour SAIC en 2024. Ça pouvait être le meilleur pari de ma vie, ou la plus grande erreur de ma vie. Heureusement, ce fut le premier. Quand je repasse aujourd'hui voir les équipes des marques où j'ai travaillé, je vois encore les mêmes personnes, mais plus la même magie. »
Veyron ou électrique abordable ? Même passion !
Kaban est-il satisfait de la gamme actuelle de MG ? « Oui. Parce que nous avons petit à petit une voiture pour tout le monde au catalogue. Prenez la nouvelle MG4 Urban. De l'extérieur, ça peut sembler déroutant (NDLR : MG a aussi la MG4 dans ses rangs), mais quand j'ai reçu la mission de MG de dessiner cette voiture, les pièces du puzzle se sont assemblées. Le segment des compactes électriques est assez grand pour deux modèles. La MG4 est la voiture pour ceux qui aiment se démarquer, et la MG4 Urban pour ceux qui pensent au côté pratique, enfants, aventures à vivre », explique Kaban.

La vision design de Kaban chez MG a pour point de départ « l'humanité », et non un futurisme clinique. Ou comme il le dit lui-même : « La chose la plus importante que l'on puisse vivre, c'est la naissance de son enfant. Les enfants, les gens, le contact social : voilà l'avenir. » Le fait que le designer de la Bugatti Veyron puisse parler avec autant de passion d'une MG4 Urban que de l'une des hypercars les plus iconiques en dit long sur Kaban.
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