Pros
- Bien-être intérieur
- Charge/autonomie au point
- Esthétique unique
Cons
- Prix par rapport à la concurrence
- Comportement de conduite sans sel
- Visibilité arrière
Qu'est-ce que c'est ?
La version électrique de la S90, mais aussi la deuxième (ou était-ce la troisième ?) tentative de Volvo de proposer un VE performant capable de croiser le fer suédois avec la concurrence allemande. Avec une plateforme 800 volts, une autonomie décente et un intérieur luxueux, c'est sur papier déjà un gagnant.
Pauvre Volvo. Car voyez-vous, on porte la marque dans notre cœur (comme la grande majorité des Belges), mais après une entrée réussie dans l'univers électrique avec le XC40 Recharge et l'EX30, ils n'ont pas su reproduire l'exploit avec le vaisseau amiral EX90. Malgré son charme, il a été miné par des problèmes logiciels et une consommation élevée. Ces erreurs sont désormais corrigées grâce au passage à une plateforme 800V… une plateforme lancée sous cette ES90.
Supersize me
L'ES90 est évidemment le petit frère électrique de la S90, mais qualifier l'ES90 de berline, c'est prendre quelques libertés avec la réalité. Elle ressemble surtout à une berline supersized qui, en termes de hauteur au moins, rivalise avec les grands SUV de notre marché. Elle partage également ses gènes avec la Polestar 4 et, côté dimensions, les deux modèles naviguent clairement dans les mêmes eaux.

Là où la Polestar joue la carte futuriste (lunette arrière, quelqu'un ?), l'ES90 reprend les lignes classiques de Volvo. À l'avant, la signature lumineuse Thor typique. Le flanc paraît long (mais un brin pataud) et l'arrière reçoit une série de feux classiques (qui, pour une fois, ne sont pas reliés entre eux). Volvo contre-attaque toutefois en plaçant deux bandes lumineuses de chaque côté de la lunette arrière. Le coffre, lui, est si haut qu'on pourrait presque y manger debout.
De l'air, enfin
C'est dans l'habitacle que l'ES90 engrange d'emblée le gros de ses points. Là où ses concurrents vous bombardent d'écrans gigantesques courant sur tout le tableau de bord, l'ES90 laisse respirer. Oui, il y a un écran central vertical de 14,5 pouces, mais il ne cherche pas à vous distraire en permanence. Grâce à l'intégration d'Android Automotive, il fonctionne aussi à merveille et oui, utilisateur Apple, CarPlay est disponible.

En plus de cet espace de respiration, l'intérieur de l'ES90 fait rougir plus d'un concurrent allemand. La finition est de haut niveau, les matériaux utilisés sont excellents et tout respire la solidité. L'espace à l'avant comme à l'arrière est généreux. À l'arrière, vous pouvez rabattre l'accoudoir central pour obtenir un appui-bras costaud qui donne l'impression d'être assis dans deux sièges séparés. Le tout souligné par le fait que les passagers extérieurs peuvent incliner leur dossier individuellement – et électriquement.
De quoi rendre jaloux les propriétaires d'EX90
Volvo veut lever tous les doutes chez les clients pour qui le passage au VE est encore un saut dans l'inconnu, en dotant l'ES90 de batteries XXL. La version avec moteur électrique sur l'essieu arrière reçoit une batterie de 88 kWh (net), tandis que la version à deux moteurs dispose de 102 kWh (net). Dans le premier cas, on parle directement de 664 km d'autonomie, tandis que la Twin Motor offre, bizarrement, plus de puissance et plus d'autonomie (702 km).

Côté recharge aussi, Volvo ne se fait plus piéger (un point noir des premiers EX30, EX40 et même EX90). Grâce à la plateforme 800V, on parle de 310 kW DC pour la Single Motor et même de 350 kW DC pour la Twin Motor. En pratique (Single Motor Long Range), nous avons observé un pic de 261 kW DC, puis entre 14 % et 50 % encore plus de 200 kW, avant de redescendre au-delà de 50 % vers les 150 kW DC. Des chiffres dont les propriétaires d'EX90 de la première heure ne peuvent que rêver.
Le bien-être avant tout
Sur la route, l'ES90 se comporte exactement comme son frère SUV l'EX90. C'est-à-dire : comme un grand géant suédois bienveillant. La puissance de la Single Motor (333 ch, 480 Nm) est amplement suffisante, même si l'on regrette le couple élevé de certains autres VE à moteur unique arrière. Dans la réalité, c'est toutefois un problème de luxe, car à aucun moment vous n'avez l'impression de manquer de puissance. En dehors de cela, le réglage de la suspension (pneumatique) est sans vergogne orienté vers le confort. Le tout souligné par un ab-so-lu-ment impressionnant confort acoustique à bord.

Le bien-être du conducteur et des passagers était clairement au centre des préoccupations. Le revers de cette isolation : l'ES90 se conduit de manière assez… fade. En tant que passager, vous arriverez sans aucun doute plus reposé à destination. Mais en tant que conducteur, vous restez un peu sur votre faim pendant le trajet. Le volant ne donne que peu ou pas de feedback, toute la cabine est perchée haut (pour une berline) et la visibilité arrière est si catastrophique qu'ils auraient aussi bien pu lui coller la lunette arrière fermée de la Polestar 4. Lors d'un test de consommation, nous avons relevé exactement 15 kWh/100 km avec l'ES90 Single Motor Long Range, ce qui correspond à 586 km d'autonomie.
Un Core bien garni
À 72.490 euros, le prix confirme que l'ES90 est le vaisseau amiral de Volvo. Pour cette somme, vous recevez la Single Motor Long Range en finition Core, d'emblée bien habillée. Pensez à des équipements comme une pompe à chaleur, des sièges avant chauffants et réglables électriquement, une climatisation automatique quatre zones, un revêtement en cuir synthétique, un régulateur de vitesse adaptatif et, bien sûr, une longue liste de systèmes de sécurité.

Verdict
Avec l'ES90, Volvo fait un bond en avant gigantesque. Pourtant, une question persiste en arrière-plan : cette ES90 est-elle une vraie Volvo ? Eh bien, oui. Une Volvo qui, grâce à ses fondations et à l'accès aux mises à jour over the air, pourra rester pertinente dans les années à venir. Excitante ? Non, ça, l'ES90 ne l'est pas.
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