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L'Europe oblige les constructeurs à proposer des moteurs plus puissants (et cela ne nous déplaît pas)

Avec la norme d'émissions Euro 7 qui entrera en vigueur cet automne pour les voitures, de nombreuses marques automobiles se voient contraintes de mettre les petits moteurs au rebut. Le 3-cylindres semble être particulièrement visé, même si le 4-cylindres n'est pas épargné non plus.

Vous vous souvenez quand le « downsizing » était à la mode dans le monde automobile ? Nous sommes bien les premiers à admettre qu’un V8 dans une voiture familiale standard peut tout à fait être remplacé par un V6 ou un 4-cylindres (n’est-ce pas, l’Amérique ?), mais les constructeurs automobiles s’étaient lancés dans une course pour installer des moteurs aussi minuscules que possible dans des voitures aussi grandes que possible. Cette tendance semble désormais officiellement révolue, grâce à l’UE.

Finie la supercherie

Pourquoi avons-nous célébré, il y a une dizaine d’années, l’apogée des 3-cylindres et des 4-cylindres compacts ? Tout cela était lié au cycle NEDC. Une méthode européenne de mesure des émissions dans laquelle les voitures devaient effectuer, en laboratoire, des tâches totalement irréalistes. Imaginez des démarrages d’une lenteur exaspérante et des vitesses moyennes que même votre grand-mère trouverait trop lentes. Les constructeurs automobiles ont rapidement compris que c’était le terrain d’essai idéal pour les petits 3-cylindres.

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Pendant des années, le 3-cylindre a régné en maître dans le monde automobile. Cela touche peu à peu à sa fin…

Le problème ? Dans la réalité, vous n’avez bien sûr pas 20 secondes pour accélérer de 0 à 70 km/h. Autrement dit : le conducteur de BMW derrière vous a déjà, à ce moment-là, clignoté à plusieurs reprises avec ses feux de route, klaxonné et effectué une manœuvre de dépassement qui a sérieusement compromis la sécurité routière. En bref : ce 3-cylindres écologique sur papier… n’était en réalité pas si bon pour l’environnement en utilisation normale. L’Europe s’en est finalement rendu compte, ce qui explique pourquoi, depuis 2017, ce n’est plus la méthode NEDC, mais bien la méthode WLTP qui est utilisée.

Budgets limités = faire des choix

La méthode WLTP donne déjà une image beaucoup plus réaliste, mais au final, les marques font toujours ce qu'elles veulent, bien sûr. Car le WLTP n'est qu'une méthode, tandis que la norme Euro est ce à quoi les marques doivent se conformer. Et en effet, à partir du 29 novembre 2026, la norme Euro 7 entrera en vigueur. Elle prévoit une phase de transition jusqu'en novembre 2027, après quoi les marques devront proposer des voitures extrêmement efficaces. On ne tiendra pas seulement compte des émissions, mais aussi de l'usure des pneus et des freins.

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Plus de moteur = plus d'efficacité

Bon, la nouvelle norme Euro 7 implique un nouvel investissement considérable pour les constructeurs automobiles, notamment au niveau des moteurs. C'est embêtant, car de nombreuses marques ont un trou dans leur budget après avoir injecté des sommes colossales dans les voitures électriques. Le budget consacré aux moteurs à combustion est donc plutôt limité. Quelle solution peut-on alors envisager ? Abandonner les moteurs difficiles à mettre au point sur le plan technique. Curieusement, il ne s'agit pas des gros V6 ou V8, mais justement des petits.

De Volkswagen à Mercedes

Au sein du groupe Volkswagen, par exemple, c'est déjà clair : dans les mois à venir, tous les 3-cylindres seront supprimés et remplacés par le 4-cylindre turbo essence de 1,5 litre. Avec 115 ch, celui-ci peut être tout aussi puissant, mais comme il doit fournir beaucoup moins d'efforts pour atteindre cette puissance, il est – oui, vous l'avez deviné – plus respectueux de l'environnement. Chez Mercedes aussi, il a été décidé de supprimer le moteur M139. Il s'agit du 4-cylindres de 2 litres suralimenté que l'on retrouve dans l'A 45 AMG, mais aussi dans la SL 43 AMG.

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Mazda croit également aux moteurs plus gros pour une meilleure efficacité

Chez Toyota, on introduit quant à soi un 4-cylindre de 2,5 litres modifié dans le nouveau RAV4, tandis que Mazda équipe également son CX-5 d’un 4-cylindre de 2,5 litres – moins puissant – qui remplace le 4-cylindre de 2 litres. Le seul groupe qui semble encore miser pleinement sur le 3-cylindres est Stellantis. Celui-ci s’emploie actuellement à remplacer le 1.2 PureTech par un 3-cylindres de 1,2 litre à distribution par chaîne, dont l’origine remonte à Fiat. Il reste désormais à adapter la fiscalité belge locale à cette nouvelle réalité. Car les particuliers sont bien sûr toujours plus lourdement taxés pour les gros moteurs en Flandre... . même si, dans la pratique, ceux-ci sont plus respectueux de l'environnement.

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