Essai

Essai : Kia PV5 Passenger, couteau suisse au courant coréen (2026)

Le nombre de monospaces fond à vue d'œil. Heureusement, les utilitaires à deux, voire trois rangées de sièges se multiplient…et ils ne sont plus dessinés par les créateurs de boîtes à tartines ! Le Kia PV5 Passenger en est un bel exemple. Mais tient-il la route en tant qu'utilitaire pratique ET voiture familiale ?

Pros

  • Design
  • Consommation
  • Espace

Cons

  • Visibilité vers l’avant
  • Confort de suspension à l’arrière
  • Banquette arrière non amovible

Qu'est-ce que c'est ?

Chez Kia, le succès électrique donne envie d'en redemander. Après toute une gamme d'électriques, les Coréens se lancent à nouveau en terre inconnue : le monde de l'utilitaire. Premier ambassadeur : ce PV5, un utilitaire électrique aux multiples visages, dont nous avons pu découvrir la version passagers.

Pas de boîte à tartines sur roues

L'époque où les utilitaires ressemblaient à des boîtes à tartines carrées sur roues semble définitivement révolue. Le Volkswagen ID.Buzz a ouvert le bal avec son look rétro ; chez Kia, on prolonge tout simplement les lignes acérées et futuristes de ses voitures électriques vers les utilitaires.

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Kia PV5 Passenger

Soyons honnêtes : si on avait dû imaginer un EV3 ou un EV5 en version utilitaire, on serait arrivé à ce PV5, non ? Éléments lumineux verticaux saisissants à l'avant et à l'arrière, passages de roues noirs, finition biton : on connaît peu de marques où voitures particulières et utilitaires font aussi clairement partie de la même famille.

Le meilleur des deux mondes 

Et ça nous met en confiance pour notre essai, car la voiture que nous avons ramenée à la maison pendant une semaine est celle qui joue précisément sur cette ligne de démarcation : le PV5 Passenger. Mi-bus familial, mi-utilitaire. Le héros qui dépose les enfants aux activités, emmène la famille en vacances et papa au week-end vélo avec les copains, avec tous les deux-roues, les bagages et ces trois casiers de bière (l'hydratation, c'est important, hein) qui tiennent sans problème dans le coffre.

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Kia PV5 Passenger

Et ce grand écart, on le retrouve aussi quand on se glisse derrière le volant du PV5. Il ne reprend pas tel quel l'aménagement intérieur des voitures électriques de Kia, mais opte à nouveau pour un best of both worlds : des rangements et des plastiques plus durs, plus robustes, témoignent du caractère utilitaire du PV5, mais Kia parvient à emballer le tout dans un habitacle aéré, baigné de lumière et surtout égayé par deux écrans : un de 7,5 pouces pour l'instrumentation et un de 12,9 pouces pour l'infotainment et la navigation.

Miracle d'espace et sièges chauffants

Le PV5 est donc un véhicule où il fait bon vivre. Et on ne parle pas uniquement des places avant. Tête, épaules, genoux et orteils : sur les deux rangées de sièges (une version sept places est encore en route), on a de la place à revendre. Sans oublier le coffre de 1 310 litres…sans rabattre la banquette arrière ! Une fois chose faite, le volume total grimpe même à 2 300 litres. Cerise sur le gâteau : un brin de luxe est aussi de la partie à bord de ce Coréen, avec des sièges inclinables de série et un chauffage des sièges sur les places extérieures de la deuxième rangée dès le deuxième niveau d'équipement.

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Kia PV5 Passenger

Érgonomiquement, le PV5 est donc un grand gagnant. Pourtant, quelques points auraient mérité mieux. On apprécie les boutons physiques sur le volant, et le tableau de bord en propose aussi pour certaines fonctions clés, comme l'ouverture automatique des portes coulissantes. Mais des boutons physiques pour la clim, comme sur d'autres Kia, il n'y en a pas. Trop chaud ou trop froid ? C'est toujours via l'écran. L'imposant double montant A, lui, n'aide pas la visibilité vers les coins avant. Et même si l'espace à bord du PV5 est gigantesque, il pourrait l'être encore plus si la deuxième rangée était amovible, transformant ainsi le Coréen en une classique camionnette avec plancher de chargement plat derrière les sièges avant.

Plus de 400 km

Avant de prendre la route, jetons encore un œil à la technologie embarquée du PV5. Contrairement aux grandes Kia électriques, il ne repose pas sur une plateforme 800 volts, mais il convainc tout de même, surtout pour un utilitaire. La charge rapide grimpe par exemple à 150 kW et tu as le choix entre deux batteries : 51,5 kWh et 71,2 kWh, bonnes pour une autonomie WLTP de respectivement 295 et 412 kilomètres.

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Kia PV5 Passenger

Le moteur électrique du PV5 entraîne les roues avant et délivre 121 ou 163 ch. L'utilitaire est aussi capable de tours de passe-passe comme le V2L, où la voiture fait office de powerbank externe. Pratique sur ton chantier… ou pour cet ami qui se balade en permanence avec 3 % de batterie.

Consommation correcte

Mais « bosser » sur la route est aussi plutôt agréable dans le PV5. On a certes la position de conduite surélevée d'un van, quasi au-dessus des roues, typique d'un utilitaire, mais la suspension maîtrise bien les mouvements de caisse. La plateforme skateboard du PV5, avec son centre de gravité bas et les roues pratiquement aux quatre coins, contribue aussi à une conduite plaisante. Par ailleurs, 163 ch ne suffisent pas à remporter chaque départ au feu rouge, mais c'est largement assez pour suivre le trafic quotidien.

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Kia PV5 Passenger

Côté confort de suspension, le PV5 ne peut pas cacher ses gènes d'utilitaire. L'amortissement est assez souple et plat, si bien qu'on ressent nettement les chocs des nids-de-poule ou des ralentisseurs, surtout à la deuxième rangée.

Enfin, signalons que le PV5 maintient une consommation plutôt basse pour une auto qui pèse le poids de quasi trois vaches adultes et affiche l'aérodynamisme d'une boîte à tartines. Après une semaine de test, nous avons garé l'utilitaire coréen avec 18 kWh/100 km au compteur, sans avoir boudé les kilomètres d'autoroute.

Conclusion

Le Kia PV5 Passenger marche sur la corde raide entre monospace et utilitaire, un parcours qu'il boucle – à quelques petits faux pas près – avec brio. Des faux pas qu'on peut lui pardonner quand on garde son prix en tête. Comptez environ 37 000 € pour la version de base avec la petite batterie ; la grosse batterie démarre à minimum 41 000 €, pour des modèles déjà bien équipés, à la bonne habitude coréenne. 

Et ça ne s'arrête pas à cette version passagers, car le PV5 est un couteau suisse coréen décliné en de nombreuses variantes de carrosserie : d'une version cargo, avec ou sans toit surélevé, en passant par la sept places qui arrive bientôt, jusqu'à une version camping que tu trouveras chez les meilleurs aménageurs. Ouvrir la tente de toit et brancher l'airfryer via Vehicle to Load ? On a déjà trouvé notre prochain essai, Kia !

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