Pros
- Design
- Finition
- Coffre...
Cons
- ... qui a régressé par rapport à la Ceed SW
- Calibration de la boîte automatique
- Consommation 1.6 T-GDI
Qu'est-ce que c'est ?
Un nouveau venu dans la gamme Kia, qui reprend le flambeau des Ceed et compagnie. Kia mise désormais sur des lettres et des chiffres (au lieu de noms), ce qui fait de ce K4 le petit frère à moteurs thermiques de l'électrique EV4. Contrairement à l'EV4, le K4 existe aussi en SW (Sportswagon). Un break « compact » en 2026 ? Voilà qui mérite qu'on s'y attarde !
Il fut un temps où l'on croisait un « break compact » à chaque coin de rue. Pensez Volkswagen Golf Variant, Peugeot 308 SW, Skoda Octavia Combi, Renault Mégane GrandTour, et on pourrait continuer longtemps. Le break a cependant dû céder sa place sans pitié au crossover. Ce qui rend d'autant plus surprenant que Kia – une marque sans racines européennes – décide justement de lancer un nouveau break sur le marché. Tentative désespérée ou coup de génie ?
Break ou shooting brake ?
Il fut un temps où un break n'était rien de plus qu'une hatchback avec un petit sac à dos. Ce K4 SW montre que le design a considérablement évolué depuis. Étant donné que ce K4 SW est le successeur spirituel du Ceed SW et du ProCeed, il fait exactement cela : trouver le juste milieu entre un break classique et un Shooting Brake. Le résultat est rafraîchissant dans le paysage urbain. Une sorte de break « digital age » qui, par l'absence de poignées de portes visibles à l'arrière et l'utilisation de lignes anguleuses, semble tout droit sorti d'un salon automobile comme un concept.

Ou presque, car le K4 SW fait aussi quelques choix stylistiques – là encore rafraîchissants. Prenez les jantes. Nous avons roulé avec la GT Line et ses plus grosses jetsers sous la carrosserie, mais elles restaient un modeste 18". L'œil en voudrait peut-être de plus grandes, mais vos talents en créneau et votre compte en banque au moment de remplacer les pneus, certainement pas. Par ailleurs, il est relativement haut sur pattes, ce qui vous évite de trembler pour les pare-chocs à chaque ralentisseur. Heureusement d'ailleurs, car les porte-à-faux sont étonnamment longs pour une auto moderne.
Comment est l'intérieur ?
À l'intérieur, Kia montre les pas de géant accomplis depuis le lancement de l'EV9. Cet habitacle n'a rien à faire dans un break abordable. Trois beaux écrans numériques (instrumentation, climatisation, infotainment), mais aussi un volant agréable avec des boutons physiques, ainsi que des commandes physiques pour l'audio et la climatisation. Même le levier de la boîte automatique est encore un bon vieux « manche à balai » classique. Les versions supérieures offrent en prime la ventilation des sièges avant. Combien de breaks compacts connaissez-vous avec des sièges ventilés à l'avant ? Voilà.

Au-delà d'une finition soignée et qualitative, on remarque que ce K4 SW a été développé par des gens qui passent eux-mêmes leurs journées en voiture. Les sièges avant sont confortables et multi-réglables, hormis l'absence d'une assise coulissante (occasion manquée, Kia !). La banquette arrière peut s'incliner, afin que les passagers ne restent pas le dos parfaitement droit. L'espace aux jambes est également plus que correct pour une auto qui ne repose pas sur une plateforme électrique. Même le coffre, avec ses 604 à 1.217 litres, est plus grand que celui d'une BMW 3 Reeks Touring ! Précisons toutefois que le K4 SW mild hybrid voit ce coffre fondre à 482 litres (max 1.107 litres). Une excuse toute trouvée pour convaincre le ménage d'opter pour le moteur le plus puissant !
Qu'y a-t-il sous le capot ?
Quels moteurs se cachent sous le capot du K4 SW ? Un petit groupe de blocs essence. À commencer par un 3-cylindres 1 litre de 115 ch avec boîte manuelle à six rapports. Disponible aussi en version mild hybrid de même puissance (mais pourquoi le feriez-vous ?) et en mild hybrid avec boîte automatique. En haut de gamme, Kia ajoute un 4-cylindres 1.6 litre essence (T-GDI) décliné en deux puissances : 150 ou 180 ch. Ce bloc est systématiquement associé à la DCT-7 – vous ne devinerez jamais – à sept rapports et double embrayage.

Pas encore disponible mais bel et bien au programme : un K4 SW full hybrid. C'est une version que nous attendons avec impatience, car d'autres produits Kia disposent déjà de ce groupe motopropulseur hybride. Ce moteur, développé conjointement avec Hyundai, se base sur le 1.6 T-GDI mais parvient, grâce à un moteur électrique et une batterie de 1.49 kWh, à porter la puissance à 239 ch et 380 Nm de couple – le tout avec une consommation et des émissions de CO2 en baisse. Pourquoi insister autant sur un moteur qui n'est pas encore là ? Eh bien…
Comment roule le Kia K4 SW ?
Entrons directement dans le vif du sujet : le K4 SW réclame un bon moteur. Ou plus précisément : un moteur qui ose encore apporter une touche de plaisir sous le regard sévère de l'UE. Rien à reprocher au 1.6 litre T-GDI de 150 ch de notre exemplaire d'essai, mais la boîte automatique à sept rapports a été complètement castrée pour permettre à la voiture de respecter les normes d'émissions européennes.

La DCT7 passe les rapports de façon presque comiquement rapide vers le haut, et quand vous écrasez l'accélérateur, aucun signal n'est envoyé au moteur. On demande d'abord la permission à l'UE pour émettre du CO2. Une fois le feu vert obtenu – après environ 3 jours ouvrables – la boîte rétrograde comme une possédée et vous balance toute la puissance d'un coup.
On peut vivre avec ? Oui. Mais c'est une cicatrice sur une voiture familiale par ailleurs excellente. La suspension est réglée pour le monde réel (et non le Nürburgring), il y a suffisamment de roulis pour sentir ce que vous faites (sans rendre tout le monde malade) et la direction est calibrée sur le confort. Tout cela pourrait-il être un peu plus excitant ? Oui, si vous craquez pour son look. Non, si vous craquez pour son côté pratique.
Combien coûte le Kia K4 SW ?
À bien des égards, ce Kia K4 SW nous fait penser au break compact que Volvo devrait fabriquer (V40, quelqu'un ?). Celui-là non plus, vous ne le décririez jamais comme le plus dynamique du parc. Combien coûte donc cette « Volvo » sud-coréenne ? Eh bien, le K4 hatchback démarre à 27.590 euros ; ce SW break vous revient à 29.940 euros. Le calcul est vite fait : à peine 1.900 euros de plus pour une version nettement plus charmeuse. La variante la plus corsée (GT-Line, 180 ch) tournera autour des 40.000 euros, mais vous trouverez sans doute votre bonheur entre les deux. Ou alors vous attendez l'hybride, bien sûr…

Verdict
Le Kia K4 SW est une bouffée d'air frais dans un paysage dominé par des crossovers sans relief. La finition est soignée, la technologie puise dans le haut du panier et – ce n'est pas rien – le coffre est généreux. Ce qui manque encore à ce break, c'est un moteur à la hauteur de son caractère. Ne nous faites pas trop attendre, Kia !

Ajouter un commentaire
Vous devez être connectés pour poster un commentaire.
Se connecter