Pros
- Châssis
- Design
- Puissance
Cons
- Consommation
- Ergonomie
- Assez cher
De quoi s'agit-il ?
Qui dit Maserati pense au sublime Nettuno V6 ou aux symphonies à huit cylindres que les Italiens ont composées – parfois avec les voisins de Ferrari. Puis un éclair a frappé la gamme. Littéralement. Folgore signifie « foudre » en italien… et désigne aussi une Maserati électrique !
Un gladiateur armé d'un sabre laser
La question à dix millions : peut-on retrouver cette passion et ce drama italiens dans le monde électrique ? Un opéra sur la mainstage de Tomorrowland, un gladiateur romain avec un sabre laser, Michel-Ange en réalité augmentée… ce genre de choses. Des questions qui empêchent aussi de dormir les autres constructeurs de sportives au riche passé, mais où Maserati possède selon nous un avantage de taille. Surtout avec cette voiture. Car son nom le dit : c'est une gran turismo.

Et oui, on a parfois envie d'une bande-son brutale quand on avale un col alpin à fond, mais le silence occasionnel à bord est tout aussi précieux. Tout comme le raffinement, la finition et un comportement routier qui joue sur le fil entre performances et confort, tel un chef d'orchestre à la Scala de Milan. Des qualités qu'on ne doit pas sacrifier simplement parce qu'on construit un VE. S'il y a une voiture capable de convertir les tifosi, ça pourrait bien être cette GranTurismo.
Fier Tridente
On y croit d'autant plus quand on rencontre le coupé 2+2 italien pour la première fois. Pas d'alien, pas de mélange de formes bizarres dictées par l'aéro, mais une sportive aux galbes élégants. Lignes tendues et courbes se relaient dans un design qui respire la classe plutôt que la sportivité brute. Pas de spoiler à outrance. Le fier Tridente sur le nez te dit tout ce qu'il faut savoir.

Même sensation quand tu te glisses derrière le volant de la GT italienne. Depuis ta position de conduite basse, tu profites d'une vue superbe sur le capot galbé. Les sièges sont sportifs sans être spartiates et tout autour de toi semble soigné : de belles coutures, des matériaux de qualité et, bien sûr, l'horloge Maserati qui te surveille depuis le tableau de bord.
Some things never change… en italien
Une horloge digitale, qui peut aussi se transformer en jauge d'autonomie. Et c'est là tout le récit de l'habitacle de cette Italienne : chaque élément « à l'ancienne » a reçu une nouvelle fonction. Les grosses palettes au volant ne te font plus passer le rapport suivant, elles servent à régler le freinage régénératif. Le large tunnel central, lui, est bourré de batteries (tout comme l'espace sous la banquette arrière, d'ailleurs). Et l'infotainment cache évidemment des fonctions pour gérer tes batteries.

De nouvelles fonctions pour d'anciens composants, donc, mais l'ergonomie italienne « un peu confuse » reste fidèle au poste. Maserati installe deux écrans au centre du tableau de bord de la GranTurismo : un en haut pour l'infotainment, en dessous un plus petit pour le GPS. Il nous a fallu plusieurs jours pour dénicher toutes les fonctions. Some things never change, mais en italien. Heureusement, le volant a reçu de vrais boutons physiques !
2,7 secondes !
Avant de lâcher toute la e-cavalerie italienne, jetons un œil à ce qui se cache sous cette Maserati. La GranTurismo Folgore est animée par trois moteurs électriques. Un sur l'essieu avant, deux sur l'essieu arrière. Résultat : le coupé électrique de Maserati affiche 761 ch et – tenez-vous bien – 1.350 Nm de couple. Assez pour propulser la corpulente Gran Tourer de 2,2 tonnes de 0 à 100 km/h en 2,7 secondes. Assez, aussi, pour arracher des pavés.

Que ces trois moteurs aient soif, Maserati l'a bien compris. Du coup, la GranTurismo est bourrée de batteries de partout. Même sous la banquette arrière et dans la console centrale. Résultat : un volume net de 83 kWh (92,5 kWh brut) qui doit permettre à la GranTurismo Folgore de parcourir 447 km sur une charge. Et grâce à sa plateforme 800 volts, l'Italienne électrique devrait pouvoir encaisser jusqu'à 270 kW en charge DC, soit de quoi passer de 10 à 80 % en à peine 18 minutes.
Andiamo!
Enfonce la pédale – euh, pardon, la pédale d'accélérateur électrique – et tu laisses tes organes quelques dizaines de mètres derrière toi. Pourtant, ce n'est pas l'accélération de cette furie italienne qui convainc le plus, mais bien son comportement routier. La GranTurismo raconte ce qui se passe aux roues sans pour autant te râper le visage sur l'asphalte. Ne nous fais pas dire ce qu'on n'a pas dit : la disposition particulière des batteries mentionnée plus haut en fait l'un des VE les plus bas du marché. Pas génial quand tu dois embarquer avec un dos en vrac, mais un vrai bonheur quand tu lâches les rênes de ce pur-sang italien.

La Maserati GranTurismo Folgore n'impressionne pas seulement par ses muscles électriques, mais aussi par un cerveau électronique flambant neuf tout droit sorti de Modène. Au cœur du dispositif : le Vehicle Domain Control Module (VDCM), le maestro qui fait fonctionner tous les systèmes dynamiques en parfaite harmonie. Via le sélecteur de mode de conduite au volant, le conducteur donne le tempo. En coulisses, le VDCM coordonne tout à la vitesse de l'éclair : transmission, stabilité… Le torque vectoring entre les trois moteurs, la réponse de la suspension… tout est dirigé par un seul chef d'orchestre numérique qui ne se contente plus de réagir, mais anticipe. Le résultat : un comportement de GT de race, malgré un poids de plus de 2 tonnes.
Des frissons garantis
En quête de sensations supplémentaires ? Tu peux activer le son d'un V8 typique de la marque. Mais soyons honnêtes : un son artificiel, c'est comme faire l'amour artificiellement… D'ailleurs, la GT n'en a vraiment pas besoin pour te hérisser les poils des bras.

En revanche, tes poils se dresseront aussi quand il faudra passer à la borne. Avec une consommation moyenne de 22 kWh/100 km durant notre essai, difficile de qualifier la GranTurismo de modèle sobre.
Conclusion
Un comportement routier fantastique, des accélérations foudroyantes et des matériaux soignés à l'intérieur font de cette Maserati GranTurismo Folgore une vraie GT où le V6 ou le V8 ne manquent pas. En contrepartie, ce coupé 2+2 se montre gourmand en électricité et affiche une ergonomie discutable. Mais ça aussi, c'est le charme d'une GT italienne. Un charme qui a un prix, certes : 197.000 euros en entrée de gamme, soit quelque 40.000 euros de plus que la version d'accès en V6 ou… 3.000 euros de moins que la très folle Trofeo, la version haut de gamme à moteur thermique.
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