Pros
- Performance
- Châssis superbe
- Confort
Cons
- Consommation
- Pris
- Commande légère
C'est quoi au juste ?
La gamme Kia compte désormais plus de VE que Blanche-Neige n'a de nains, mais le vaisseau amiral du line-up reste le EV9. Dimensions gigantesques, habitabilité gigantesque, performances de charge gigantesques et, dans cette version GT, des performances tout court gigantesques. Après une semaine d'essai, notre enthousiasme est-il lui aussi gigantesque ?
Ami des familles avec une « fluorescite » aiguë
Et d'un coup, il est là, devant nous. Le bon gros géant. 2,5 tonnes à sec, ami des familles grâce à son habitacle monumental. Mais cet EV9 est spécial, même si ça ne saute pas aux yeux. À première vue, peu de choses trahissent qu'il s'agit d'un Kia pas comme les autres. Oui, l'EV9 GT arbore une signature lumineuse légèrement différente, avec cet « éventail lumineux » illuminé dans le bouclier avant. Les boucliers, justement, sont aussi retouchés, rehaussés d'accents en noir brillant. Et les imposantes jantes en alliage de 21 pouces sont exclusives à cette version. Mais le plus gros indice se cache peut-être derrière les branches : d'énormes disques de frein vert fluo frappés du sigle « GT ». Du fluo que l'on retrouve aussi à l'intérieur, mais on y revient plus tard.

Car d'abord, on tient à souligner à quel point on est contents que Kia propose à nouveau une version GT de son vaisseau amiral. GT pour Gran Tourer ou Gran Turismo, mais dans le cas de l'EV9 aussi Grand Tracteur (2.500 kilos au crochet d'attelage) ou Grand Tempo. Car soyons honnêtes : au fil de notre carrière, nous avons conduit des voitures plus rapides en ligne droite ou en virage que l'EV9 GT, mais rarement un engin qui tente aussi effrontément de défier les lois de la physique que ce Sud-Coréen.
Pratique pour tes organes
Car à l'intérieur, l'EV9 GT reste le paquebot de croisière que l'on connaît. Le capitaine prend toujours place derrière la planche de bord en trois parties. Les deux extérieures accueillent l'instrumentation et l'infotainment, celle du milieu un petit écran supplémentaire dédié à la climatisation. Il est toujours un peu caché derrière le bord du volant, mais heureusement l'EV9 conserve quelques boutons physiques pour le chauffage.

Et puisqu'on parle du volant : celui de ce paquebot coréen sous stéroïdes a été spécialement conçu pour ce modèle, avec un bouton GT vert fluo et un bandeau en haut. Idem pour les sièges : un mélange d'alcantara et de cuir qui t'enlace chaleureusement lors d'un trajet tranquille… et qui maintient tes organes en place quand le rythme s'accélère.
Le capitaine n'est pas au gouvernail
Dans notre métaphore du paquebot, nous avons placé le capitaine à la barre, mais les vrais capitaines siègent à la deuxième rangée. Comme l'EV9 classique, la GT peut se commander en six ou sept places. Dans la première configuration, tu profites au rang du milieu de deux captains chairs, des sièges confortables que tu peux coulisser dans des proportions encore jamais vues, tout en gardant le passage vers la troisième rangée dégagé.

Une troisième rangée où même un adulte (de petite taille) peut s'installer confortablement. On ne la recommanderait pas pour un road trip vers le sud de la France, mais un trajet plus court, c'est tout à fait faisable. Avec cette troisième rangée en place, l'EV9 offre un coffre de 333 litres. Rabats les sièges arrière et tu passes à 828 litres. L'avantage de ces dimensions colossales, évidemment. Garer l'EV9 en ville est un autre défi – mais ça, tu le savais avant – en revanche, au retour tu as assez de place pour vider non pas une, mais deux cartes Visa.
Shot de LSD
Garde quand même un peu de budget sur cette dernière carte. Car ne t'y trompe pas, ce géant peut frapper très fort. L'EV9 GT embarque deux moteurs électriques développant 508 ch et une transmission intégrale. Écrase l'accélérateur et l'EV9 t'expédie à 100 km/h en 4,6 secondes ! Ajoute à cela le Torque Vectoring, des pneus larges, des amortisseurs adaptatifs retravaillés et un différentiel autobloquant électronique (baptisé e-LSD) et tu fais saliver n'importe quel autofan. Les plus déchaînés pourront en outre activer un son moteur artificiel et des passages de rapports simulés.

Rassemble tout ça sur la route et l'EV9 GT se révèle un sacré morceau – au sens propre – d'automobile. Le châssis, notamment, mérite une standing ovation. Les 2,5 tonnes de l'EV9 sont maîtrisées sans effort, sans que la voiture ne se transforme en chaussure de sécurité rigide ni en pantoufle mollassonne.
GT dedans, King Kong dehors
La direction, en revanche, est plutôt légère. À basse vitesse, on se croirait au volant d'un EV2 plutôt que d'un EV9 de 2,5 tonnes. Pour les manœuvres en ville, c'est évidemment très pratique, mais quand le rythme monte, on aimerait sentir ces 2,5 tonnes dans les mains. Et même si la direction se durcit un peu, surtout en mode Sport, ce ressenti manque encore un poil.

Cela dit, ce n'est qu'un petit bémol, car l'expérience de conduite à bord de l'EV9 est globalement excellente. Ce ne sont pas tant les performances qui impressionnent le plus, mais la façon dont l'EV9 préserve le confort tout en les délivrant. La meilleure comparaison ? King Kong, qui nous emmène au sommet de l'Empire State Building. Pour toi, passager, le sentiment reste sûr et confortable. Ce sont surtout les avions de chasse de notre métaphore cinématographique – ou dans notre cas les autres automobilistes – qui voient à quel point l'EV9 joue brutalement avec les lois de la physique. GT dedans, brute dehors : voilà le résumé parfait de cette voiture.
Don Quichotte coréen
Ce combat de notre Don Quichotte coréen, qui ne charge pas les moulins à vent mais les lois de la physique, a toutefois un prix. Celui des kWh. Après une semaine de test, Kim Quichotte a relevé une consommation d'environ 28 kWh/100 km, le temps plus frais et surtout notre pied droit n'ayant pas rendu service à l'EV9. En théorie, il tient 510 km. En pratique, tu devras passer un peu plus souvent par ton chargeur rapide du coin.

Heureusement, l'EV9 ne réserve pas ses sprints au seul asphalte. Grâce à sa technologie 800 volts, il atteint environ 210 kW, de quoi recharger la batterie d'environ 100 kWh de 20 à 80 % en 24 minutes. Juste assez de temps pour te demander si débourser au minimum 95.490 euros pour un Kia, car oui c'est bien son prix de départ, était vraiment une bonne idée. Celles et ceux qui aiment aussi recharger des vélos, des barbecues ou leur brosse à dents électrique apprécieront enfin la fonction vehicle to grid, qui transforme l'EV9 en powerbank géante.
Conclusion
« GT » est le qualificatif idéal pour ce Kia EV9. Car si ses performances sont fabuleuses, c'est surtout la manière dont il préserve le confort à bord pendant ces exploits qui le définit. Ce paquebot sous stéroïdes t'emmène vite à destination… mais aussi vite à la borne de recharge. Cela dit, une petite pause devient parfois terriblement tentante quand tu viens de lâcher les rênes de l'EV9…
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