Arrêtez d'acheter des voitures chinoises ! Car avant même de vous en rendre compte, elles ne valent plus rien ! Du moins, c'est la nouvelle qui a fait le tour cette semaine. Selon le bureau d'études allemand DAT (nuance importante), la valeur d'une voiture chinoise chute deux fois plus vite que celle d'une voiture européenne. Est-ce aussi le cas chez nous en Belgique ? Il était temps de mener notre propre petite enquête, axée sur les voitures électriques.
Volkswagen ID.4 ou Tesla Model Y ?
Premier point important : une note de bas de page dans l'étude du bureau d'analyse Deutsche Automobil Treuhand (DAT pour les intimes). Le bureau a en effet examiné toute une série de voitures, dont des hybrides rechargeables. De notre côté, nous nous limitons à un échantillon belge de voitures électriques de trois ans. Pourquoi ? Parce que la part des PHEV d'origine chinoise était à peine significative il y a trois ans.

Commençons par les best-sellers occidentaux en Belgique. On pense immédiatement à la Tesla Model Y, la BMW iX3, la Volvo EX30, l'Audi Q4 E-Tron et la Volkswagen ID.4. Des voitures électriques qui ont trouvé preneur en masse sur le marché professionnel ces dernières années et qui sont désormais bien représentées sur le marché de l'occasion. Surprise : c'est la Tesla Model Y qui conserve le mieux sa valeur, avec une perte moyenne de 21% sur trois ans. La Q4 e-tron, l'iX1 et l'EX30 affichent une décote similaire, autour de 35%. Mais la grande perdante, c'est la Volkswagen ID.4 : elle a perdu en moyenne −44% de sa valeur. Et du côté des Chinoises ?
Que donnent les Chinoises ?
Ici, ça se complique un peu. Car certaines voitures de cette liste, vous ne les qualifieriez peut-être pas de chinoises. Pourtant, nous intégrons la Polestar 2 et la Smart #1 dans le lot. Tout simplement parce que les deux marques appartiennent à des groupes chinois et que les modèles sont fabriqués en Chine. Ajoutons-y la MG4, la MG ZS EV et la BYD ATTO 3. La plus résistante du groupe s'avère être la MG4, avec une décote moyenne de 39% sur trois ans.

Fait marquant : ce sont les deux modèles aux consonances "européennes" qui affichent la plus forte décote. La Smart #1 et la Polestar 2 ont en effet perdu en moyenne 45% de leur valeur en trois ans. La MG ZS EV et la BYD Atto 3 affichent une décote moyenne de respectivement 43% et 42%.
Le manque d'intérêt étranger met le marché de l'occasion sous pression
Cet échantillon de dix modèles est clair : les VE chinoises perdent plus vite leur valeur que les "VE européennes". Avec cette nuance : les VE chinoises sont en général nettement moins chères à l'achat, ce qui rend la perte en euros sonnants et trébuchants plus modeste. C'est surtout le décalage entre l'offre et la demande qui semble alimenter cette décote. Chaque mois, davantage de voitures électriques sortent de leasing et arrivent sur le marché de l'occasion qu'il n'y a de demande de la part des particuliers.

Par ailleurs, le manque d'intérêt à l'étranger pèse sur les prix. Il y a quelques années, les voitures essence et diesel issues du leasing partaient en grande partie vers d'autres marchés (Europe de l'Est). Or ces marchés n'ont absolument aucun intérêt pour les VE. Résultat : les marques et concessionnaires belges se retrouvent avec un stock de voitures électriques d'occasion qui ne trouvent pas preneur. Ce qui tire les prix encore plus vers le bas.
Note méthodologique : Les prix d'occasion sont des moyennes estimées sur la base de l'offre actuelle sur Autoscout24.be (mai–juin 2026) pour les années de construction 2022–2024. Les prix varient fortement en fonction du kilométrage, de l'équipement et de l'état du véhicule. Les prix neufs correspondent aux prix catalogue TVA incluse au lancement ou début 2023, avant d'éventuelles remises. Claude Sonnet 4.6 Thinking a assisté la recherche dans cette enquête.
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